Gisèle PELICOT, invité d'honneur de l’Université Paris-Panthéon-Assas

Huis-clos, médiatisation, rôle de l’avocat, justice restaurative : retour sur le témoignage de Gisèle PELICOT et ses avocats

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L’Université Paris-Panthéon-Assas a accueilli Gisèle PELICOT et les avocats qui l’ont assistée, maître Stéphane BABONNEAU et maître Antoine CAMUS, tous deux alumni de l’établissement, le lundi 16 mars 2026. 

Organisée avec le soutien de l’Institut de criminologie et de droit pénal de Paris (ICP), cette conférence a réuni près de 2 000 étudiants dans le grand amphithéâtre du centre Assas. Elle a été introduite par Quentin EPRON, vice-président de l’université en charge de la vie étudiante, qui a rappelé l’angle fondamental adopté pour ce témoignage : la procédure judiciaire. 

Retour en trois temps sur une affaire et un procès historique 

La conférence était animée par Charlotte DUBOIS, professeur de droit privé et Pauline LE MONNIER DE GOUVILLE, maître de conférences de droit privé et a suivi trois thématiques principales : l’affaire en elle-même et la façon dont elle a éclaté, le procès, puis la suite de la procédure. 

L’éclatement de l’affaire

Le début de la rencontre avec Gisèle PELICOT était consacré aux particularités de l’affaire, notamment son atypisme juridique. En effet, celle-ci ne relève pas d’un contentieux classique, mais met en lumière un angle mort du droit : la soumission chimique dans le cadre intrafamilial. Gisele PELICOT et ses avocats ont alors pu apporter leur regard sur ces enjeux spécifiques. 

La procédure judiciaire 

Par la suite, Charlotte DUBOIS et Pauline LE MONNIER DE GOUVILLE ont évoqué la procédure judiciaire, se concentrant sur trois points essentiels : le huis-clos, la victime, les accusés.  Gisèle PELICOT a expliqué ce qui a motivé sa décision de refuser le huis-clos puis son ressenti vis-à-vis de l’écho médiatique international de l’affaire. 

Maître Stéphane BABONNEAU et maître Antoine CAMUS ont également partagé leur réflexion sur le rôle de l’avocat lors d’un tel procès : l’avocat adopte un rôle d’accompagnement et de conseil, c’est « une mission d’assistance, non pas de dossier, mais de personne humaine » a dit maître CAMUS. 

Réparer, légiférer, éveiller

Enfin, la troisième partie de la conférence a permis d’aborder les questions sur les suites du procès : comment réparer, comment légiférer, comment éveiller. L’ensemble des intervenants ont engagé une conversation sur la notion de justice restaurative et sur la réforme du code pénal sur la définition du viol et du consentement. 

Faisant le parallèle avec Gisèle HALIMI et le procès d’Aix-en-Provence de 1978, Charlotte DUBOIS et Pauline LE MONNIER DE GOUVILLE ont rendu compte de la posture de Gisèle PELICOT éveillant les générations futures aux luttes contre les violences faites aux femmes.  

Une rencontre mémorable

La conférence s’est conclue par un temps d’échange pendant lequel les étudiants ont pu poser leurs questions à Gisèle PELICOT et aux avocats pour approfondir leur compréhension du dossier et des nouveaux enjeux juridiques et sociaux.

Quentin EPRON a rappelé l’importance de cet échange pour l’université et ses étudiants, particulièrement pour la formation de juristes qui ont le souci de la règle de droit dans ce qu’elle peut avoir de plus élevée : « la règle de droit qui conserve notre humanité, homme, femme, notre commune humanité » a-t-il mentionné. 

Sous les applaudissements nourris de la salle, la médaille de l’université a été décernée à Gisèle PELICOT au nom de la présidence et de l’Université Paris-Panthéon-Assas, pour son combat et pour son courage personnel, exprimant l’estime et l’admiration que l’ensemble de la communauté universitaire a pour elle. 

Inès BEILVERT et Aïssa SEHRAOUI, nouveaux vice-présidents étudiants, lui ont également remis un bouquet de fleurs au nom des étudiants de l’université, la remerciant pour son courage, pour sa prise la parole, pour son témoignage et pour avoir permis une prise de conscience. 

 

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Les grands procès

Cette rencontre fait partie du cycle de conférence « Les grands procès » qui revient sur les procès et les affaires judiciaires au cœur des enjeux juridiques et sociaux contemporains. Ce format permet aux étudiants une mise en pratique du droit.

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