Un humaniste au Palais : Étienne Pasquier (1529-1615), penseur d'un droit national

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Docteur : Baptiste ROBAGLIA

Directeur : M. Philippe COCATRE-ZILGIEN

Discipline : Histoire du droit et des institutions

Date de la soutenance :

Date de la soutenance
10 avril 2026

Horaires :

14h00

Adresse :

Centre Sainte-Barbe - 4 rue Valette, 75005 Paris - salle Salle Collinet

Jury :

  • Philippe COCATRE-ZILGIEN, Professeur émérite, Université Paris-Panthéon-Assas, Directeur de thèse
  • Anne ROUSSELET-PIMONT, Professeur des universités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Rapporteur
  • Patrick ARABEYRE, Professeur des universités, École nationale des chartes, Rapporteur
  • Xavier GODIN, Professeur des universités, Université Paris-Panthéon-Assas, Examinateur
  • Wim DECOCK, Professeur des universités, Université Catholique de Louvain, Examinateur
  • Xavier PRÉVOST, Professeur des universités, Université de Bordeaux, Co-Directeur de thèse

Étienne Pasquier (1529 1615) est l’inventeur d’un droit national qu’il élabore dans les cours souveraines. Bien que toujours cité, Pasquier n’a jamais fait l’objet d’une étude exhaustive. Cette thèse entend combler cette lacune historiographique en proposant une histoire de la pensée juridique d’Étienne Pasquier. Le corpus de sources a donc été constitué en vue d’analyser la manière dont le juriste pense le droit national. La vie de Pasquier dans les cours souveraines parisiennes permet de comprendre comment le juriste donne forme à un humanisme juridique spécifique au Palais pour construire un droit national. Pasquier réoriente la critique humaniste du jus commune pour l’acculturer au Palais et élargit l’érudition humaniste aux savoirs du Palais, réhabilitant le Moyen Âge et formalisant un savoir juridique national. Grâce à cette culture, Pasquier invente une juridiction nationale du Palais chargée de dire uniformément le droit sur l’ensemble du royaume. Il forme, dans cette perspective, un « usage commun du Palais » en vue d’unifier les sources du royaume par le droit romain. Pasquier ne fait cependant pas qu’inventer, il bâtit aussi le droit national dans son activité d’avocat et de magistrat. Il redéfinit la loi comme la norme applicable uniformément dans l’ensemble du royaume, car conforme au droit fabriqué par les juristes du Palais. Plusieurs exemples tirés de la pratique de Pasquier illustrent la fabrication concrète d’un droit unifié au Palais, grâce à l’intégration systématique du droit romain. Le droit national inventé et fabriqué par Pasquier est ainsi le droit appliqué uniformément par la loi sanctionnée par le Palais.