Entretien avec Yvonne-Marie Rogez

Madame Yvonne-Marie Rogez, vice-présidente déléguée en charge de l’université européenne et des programmes d’échanges, membre du conseil d’administration et du comité de coordination de l’Alliance 4EU+, répond à nos questions.

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photo de Mme Yvonne-Marie Rogez

Quels sont les enjeux des alliances d’universités européennes ?

Les alliances d’universités européennes vont bien au-delà d’un simple label ou d’un partenariat académique. Elles répondent à un enjeu stratégique : renforcer la capacité de l’Europe à innover, à former et à attirer puis retenir les talents, tout en défendant un socle de valeurs communes. Concrètement, ces alliances permettent de bâtir des parcours réellement transfrontaliers, de rapprocher les méthodes pédagogiques, d’ouvrir l’accès à des ressources partagées (cours, infrastructures, expertise) et d’intensifier les collaborations de recherche.

Dans le cas de 4EU+, l’ambition est particulièrement structurante. Il s’agit de progresser vers une université européenne intégrée, intensive en recherche, rendue possible par une coopération de qualité dans l’enseignement, la formation, la recherche, mais aussi dans les fonctions de soutien et l’administration. Cela suppose de mutualiser davantage, d’harmoniser certains processus de décision et de créer des cadres communs qui facilitent la mobilité, l’interdisciplinarité et l’innovation pédagogique.

Enfin, les enjeux sont aussi politiques et sociétaux. Ces alliances affirment la liberté académique, une approche centrée sur l’étudiant, la diversité et l’inclusion, ainsi que le service à la société. Elles visent à mieux connecter les écosystèmes et à rééquilibrer les flux de talents à l’échelle du continent. Surtout, elles donnent aux futures générations de citoyens les moyens de comprendre et d’affronter les grands défis de notre époque, climatiques, technologiques, démocratiques et géopolitiques, avec une réponse européenne, concrète et collective.

Pour la première fois depuis son entrée dans l’alliance européenne 4EU+ en 2023, l’Université Paris-Panthéon-Assas va prendre la présidence de l’alliance à l’automne 2026. Que signifie pour l’université, la prise de présidence de l’alliance ? 

Notre alliance est composée de huit universités : Université Charles de Prague (République Tchèque), Université d’Heidelberg (Allemagne), Université de Genève (Suisse), Université de Varsovie (Pologne), Université de Milan (Italie), Université de Copenhague (Danemark), Sorbonne Université et Université Paris-Panthéon-Assas. Cette année, c’est l’Université de Genève qui assure la présidence de l’alliance et notre université prendra la suite en novembre 2026. Prendre la présidence de l’alliance, c’est d’abord assumer une responsabilité de pilotage : animer la gouvernance, coordonner les partenaires et garantir que la feuille de route se traduise en actions concrètes, utiles aux étudiants, aux enseignants-chercheurs et aux équipes administratives. 

C’est aussi une opportunité d’influence : la présidence permet d’impulser des priorités et d’accélérer des chantiers structurants, par exemple sur les formations conjointes, la mobilité, la reconnaissance des parcours, ou encore le soutien aux projets de recherche transdisciplinaires. Cette présidence est également un puissant levier interne. Elle mobilise l’ensemble de la communauté universitaire, renforce la coordination entre composantes et services, et fait monter en qualité nos pratiques de coopération européenne, y compris dans les domaines de l’administration et de l’appui aux projets. 

Enfin, elle permettra d’accroître notre visibilité et notre attractivité. Porter la présidence, c’est donner plus de portée à notre voix au niveau européen, attirer des talents et des collaborations, et affirmer notre engagement en faveur des valeurs fondamentales de l’alliance : liberté académique, inclusion et service à la société.

Quels axes prioritaires l’université va-t-elle porter durant ce mandat ? 

Durant ce mandat, nous porterons les priorités de l’alliance. D’abord, stimuler la mobilité, en la rendant plus fluide et plus lisible pour les étudiants, avec une attention particulière à la reconnaissance des parcours et à l’impact sur les perspectives d’insertion. 

Il s’agira par ailleurs d’approfondir l’intégration des formations en consolidant un cadre commun de formation avec des parcours plus flexibles, des compétences adaptées aux enjeux contemporains et une formation adossée à la recherche. Dans cette logique, le développement et la reconnaissance des micro-certifications, sur lesquels nous travaillons déjà activement, constituent un levier concret.

Nous voulons également renforcer l’intégration, en consolidant des coopérations plus structurées entre nos huit établissements, y compris sur les fonctions de soutien et l’administration, afin de construire durablement l’université européenne de recherche et d’innovation que 4EU+ souhaite incarner.

Enfin, un enjeu important concerne l’appropriation de l’alliance, de ses enjeux, par les communautés des universités-membres. Nous allons initier un travail important de simplification du mode de fonctionnement, du jargon, des projets, de manière à favoriser l’implication des étudiants et des personnels, en particulier des enseignants-chercheurs.

Nous allons accueillir la réunion annuelle en octobre 2026 des membres de l'alliance, qui marquera le début du mandat présidentiel. Qu’est-ce que cela représente concrètement pour l’université d’accueillir cet événement ? Comment cela va-t-il se dérouler ?

La réunion annuelle de l’alliance (Annual Meeting) se déroule sur trois jours et réunit environ 250 personnes issues des huit universités, toutes engagées dans l’alliance : étudiants, enseignants-chercheurs et personnels administratifs. Elle permet de mettre en lumière l’intensification des collaborations au sein de l’alliance, à travers des ateliers transversaux et réunions autour d’enjeux clefs dans l’optique de formuler des propositions destinées à soutenir les missions de l’alliance. L’assemblée générale, au cours de laquelle nous prendrons officiellement la présidence, représente un grand temps institutionnel de bilan et d’orientation pour toute la communauté de l’alliance. L’Annual Meeting, c’est le moment où 4EU+ se rassemble, rend compte et donne le cap pour l’année à venir. Elle se déroulera au centre Assas à la fin du mois d’octobre, plus d’informations seront communiquées prochainement. 

Pouvez-vous nous présenter l’équipe 4EU + ?

L’équipe 4EU+, c’est d’une part une impulsion politique portée au sein de l’équipe présidentielle de l’université par madame le professeur Emmanuelle Chevreau, vice-présidente en charge des affaires internationales, et moi-même en tant que vice-présidente déléguée en charge de l'université européenne.

Et, d’autre-part, une mise en œuvre administrative par la direction de la stratégie et des partenariats internationaux (DSPI) sous la responsabilité de sa directrice, madame Anaïs Doladille. En soutien du projet, l’Université a récemment recruté deux personnes dédiées : madame Agnieszka Wrzesien-Gandolfo, coordinatrice de l’Alliance 4EU+ rattachée à la direction de la recherche, projets et prospective, et madame Gayanée Laratore, coordinatrice adjointe, rattachée à la direction de la stratégie et des partenariats internationaux. 
 

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