La sixième édition du concours de plaidoyers organisé par le Collège de droit s’est tenue ce mercredi 10 juin 2026.
À l’issue des épreuves éliminatoires organisées dans l’après-midi, la grande finale a réuni six binômes d’étudiants de troisième année, qui se sont affrontés à travers trois procès fictifs inspirés de grandes œuvres littéraires. Comme chaque année, les affaires proposées invitent les participants à prolonger les intrigues romanesques sur le terrain judiciaire, en mobilisant leurs qualités d’analyse, d’interprétation et d’éloquence.
Le concours s’est ouvert par une allocution de Monsieur Stéphane Braconnier, Président de l’Université Paris-Panthéon-Assas. Celui-ci a souligné combien cette compétition incarnait l’une des missions essentielles de l’université : apprendre à lire, à décrypter, à interpréter les textes et à dépasser leur simple lettre. Il a rappelé que les procès proposés opposaient les étudiants autour de questions juridiques construites à partir d’œuvres littéraires, exigeant à la fois rigueur intellectuelle et créativité argumentative.
La parole a ensuite été donnée à Madame le professeur Cécile Pérès, directrice du Collège de droit, qui a rappelé que, chaque année, le concours de plaidoyers illustre la richesse du dialogue entre droit et littérature, offrant aux étudiants l’occasion de démontrer leurs talents d’orateurs tout en explorant les multiples interprétations que permettent les grandes œuvres de la littérature.
L’intervention s’est close par de chaleureux remerciements à Monsieur le président de l’Université, Monsieur le professeur Nicolas Cornu Thénard, les membres du jury et l’équipe pédagogique du concours, Madame Élodie Djordjevic, directrice des études du Collège et Monsieur Nicolas Chapalin, chargé de mission pédagogique du Collège, ainsi que, naturellement, tous les étudiants de troisième année qui se sont prêtés au jeu.
Monsieur le professeur Nicolas Cornu-Thénard, à l’initiative du concours et chargé chaque année de sélectionner les œuvres retenues, a rappelé les trois règles d’or de l’exercice.
Les plaideurs doivent d’abord s’appuyer exclusivement sur les faits relatés par l’œuvre, sans inventer aucun événement étranger au roman, tout en conservant une grande liberté d’interprétation.
Les affaires n’étant par ailleurs pas situées dans la France contemporaine, les étudiants ne sont pas tenus de se conformer strictement au droit positif français, à l’exception de la règle expressément mentionnée dans chacun des cas. Enfin, pour l’épreuve de l’éloquence pure, chaque équipe ne dispose que de huit minutes pour emporter la conviction du jury.
C’est dans ce cadre exigeant que trois œuvres ont été retenues pour cette édition : La Conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole, Médée de Christa Wolf et Le Désert des Tartares de Dino Buzzati, chacune mettant en scène un personnage qui invente ou entretient une fiction : un coupable, un ennemi, un héros autoproclamé. C’est précisément cette part de fabulation qui donne naissance aux procès soumis aux étudiants.
Dans l’affaire tirée de La Conjuration des imbéciles, Joséphine Dutruit et Léna Douaban représentaient l’accusation, tandis que Timothée Chapelon et Salomé Marie assuraient la défense. Les étudiants étaient amenés à se prononcer sur le licenciement d’Ignatius Reilly, personnage fantasque et provocateur qui estimait que cette mesure portait atteinte à sa liberté d’expression.
Dans l’affaire Médée, Diane Murignieux et Tancrède Le Bigot plaidaient pour l’accusation face à Léanor Levillayer Le Nen et Garance Paolini pour la défense. Le procès portait sur la responsabilité de Médée dans la mort de Glaucé, accusée d’avoir été empoisonnée par une robe de noces offerte par l’héroïne.
Enfin, dans l’affaire inspirée du Désert des Tartares, Guillaume Laborie et Léopold Boutin représentaient l’accusation, tandis qu’Alice Perrin et Margault Vanclef assuraient la défense. Le débat portait sur la diffusion d’une information erronée susceptible de troubler le moral des troupes à la frontière du désert.
Le jury, présidé par Madame le professeur Cécile Pérès, directrice du Collège de droit, était composé de personnalités issues des mondes juridique et universitaire :
À l’issue des délibérations, le jury a désigné les binômes lauréats pour chaque affaire : Timothée Chapelon et Salomé Marie pour La Conjuration des imbéciles, Léanor Levillayer Le Nen et Garance Paolini pour Médée, ainsi que Guillaume Laborie et Léopold Boutin pour Le Désert des Tartares.
Le public, invité à voter pour l’équipe la plus éloquente, a quant à lui désigné Guillaume Laborie et Léopold Boutin comme grands vainqueurs de cette sixième édition du concours pour leur plaidoirie à l’accusation dans le procès tiré du Désert des Tartares.
À l’issue de l’événement, chacun des douze finalistes s’est vu récompensé par la remise de prix gracieusement offerts par la Société de législation comparée, les éditions Lextenso, Les Belles Lettres et la revue Tribonien.
Le Collège de droit adresse ses plus vives félicitations à l’ensemble des finalistes, et tout particulièrement au binôme lauréat de cette édition.
Nous adressons nos remerciements les plus vifs aux partenaires du Collège de droit pour leur contribution à cet événement :
Le Collège de droit tient également à remercier très chaleureusement les membres du jury, ainsi que l’équipe pédagogique en charge de l’organisation du concours, composée de Mesdames les professeurs Rebecca Legendre et Cécile Pérès, Messieurs les professeurs Thomas Genicon et Anthony Mergey, Madame Raphaëlle Théry, Maître Bertrand Périer, ainsi que Monsieur le professeur Nicolas Cornu Thénard qui a brillamment organisé l’événement.
Compte-rendu rédigé par Marie Ribeiro, étudiante du Collège de droit.
Concours
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