Sortir de l’illectronisme Assignation, disqualification et formation au numérique

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Docteur : Guillaume JAROUSSEAU

Directeur : Mme Cécile MÉADEL

Discipline : Sciences de l’information et de la communication

Date de la soutenance :

Date de la soutenance
17 juin 2026

Horaires :

14h00

Adresse :

12 place du Panthéon, 75005 Paris - Salle des Conseils

Jury :

  • Mme Cécile MÉADEL, Professeure des universités, Université Paris Panthéon-Assas, Directrice de thèse
  • Mme Marta  SEVERO, Professeure des universités, Université Paris Nanterre, Rapporteure
  • Vincent  BERRY, Professeur des universités, Université Sorbonne Paris Nord, Rapporteur
  • Clément  MABI, Chaire de professeur junior, Institut National des Sciences Appliquées de Rennes, Examinateur
  • Pascal  PLANTARD, Professeur émérite, Université Rennes 2, Examinateur
  • Céline  BORELLE, Chercheuse en sociologie, Orange Lab Sense, Examinatrice
  • Josiane JOUëT, Professeure émérite, Université Paris-Panthéon-Assas, Examinatrice 

Cette thèse explore les dispositifs de formation au numérique mis en place par un organisme associatif à destination de publics en situation d’illectronisme. L’analyse repose sur une approche ethnographique, qualitative et empirico-inductive, mobilisant une période de quatre ans d’observation au sein des formations d’Emmaüs Connect, ainsi que 38 entretiens semi-directifs avec des formateurs (18), des proches aidants (10) et des travailleuses sociales (10). Ce travail de recherche pose plusieurs questions : Que signifie être en situation d’illectronisme ? Comment cette catégorie se construit, se nomme et s’assigne ? Quelles sont les conséquences de cette assignation sur les usages des individus concernés et sur les processus d’appropriation à l’œuvre en contexte de formation ? Le manuscrit revient dans un premier temps sur l’illectronisme comme objet d’étude, en interrogeant ses fondements théoriques et les choix méthodologiques impliqués (1). Le deuxième chapitre analyse les trajectoires qui précèdent l’entrée en formation et montre comment l’illectronisme s’insère dans une carrière (Becker, 1963) composée d’expériences de disqualification, de mécanismes de délégation et de processus d’orientation qui préparent les conditions du stigmate (Goffman, 1975) observé en formation (2). Le troisième chapitre porte sur les bricolages (Certeau, 1990) déployés par les apprenants et les formateurs qui leur permettent de composer avec ce stigmate (3). Enfin, la dimension collective de l’apprentissage ouvre la voie à des formes d’entraide entre pairs, où la circulation des savoirs expérientiels, et ses limites, reconfigurent les positions dans le groupe (4).