Le rapport à l'Europe des groupes d'intérêt économique turcs, organisations représentatives des entrepreneur(e)s et des employeur(e)s, depuis les années 2000

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Docteur : Fatin Resat DURUKAN

Directeur : M. Marc MILET

Discipline : Science politique

Date de la soutenance :

Date de la soutenance
13 mai 2026

Horaires :

14h00

Adresse :

Centre Sainte-Barbe (3è étage) - 4 rue Valette, 75005 PARIS -Salle Collinet 

Jury :

  • Marc MILET, Professeur des uniersités, Université Paris-Panthéon-Assas, Directeur de thèse
  • Nicolas MONCEAU, Maître de conférences, Université de Bordeaux, Rapporteur
  • Claire VISIER, Maîtresse de conférences, Université de Rennes, Président
  • Guillaume COUTRY, Professeur des universités, Université de Picardie Jules Vernes, Rapporteur 

Cette thèse analyse les usages multiples que les groupes d’intérêt économiques turcs (GIE) développent dans leur rapport à l’Europe depuis les années 2000. Elle examine dans quelle mesure l’Europe est mobilisée comme ressource stratégique, cognitive et de légitimation par ces acteurs, et comment, en retour, leur participation aux arènes européennes transforme leurs pratiques, leurs répertoires d’action et leurs identités organisationnelles. La recherche interroge également un « moment charnière » au début des années 2000, marqué par l’arrivée de l’AKP, l’essor d’une diplomatie économique ambitieuse et l’éloignement progressif de la perspective d’adhésion. Les trois hypothèses structurent l’analyse : (H1) les crises politiques – ruptures dans les négociations, crise migratoire, tentative de coup d’État de 2016 – reconfigurent les objectifs et les modes d’action des GIE ; (H2) l’Europe est utilisée de manière différenciée, tantôt comme levier de démocratisation, tantôt comme espace d’influence pour les acteurs alignés sur le gouvernement ; (H3) malgré les tensions politiques, les priorités économiques demeurent centrales, notamment autour du Pacte vert européen et de la modernisation de l’union douanière. La thèse montre enfin que, dans un contexte de fragilisation du cadre institutionnel entre Ankara et Bruxelles, certains Groupes d’intérêt économiques en viennent à assumer une fonction de médiation économique, donnant forme à une diplomatie d’intérêts économiques opérant à l’intersection de deux espaces politiques.