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Docteur : Mathis SANSU
Discipline : Sciences économiques
Date de la soutenance :
Horaires :
14 heures
Adresse :
4, rue Blaise Desgoffe 75006 Paris - Salle Desplas
Jury :
Cette thèse met en évidence que les trajectoires d’accumulation de patrimoine sont profondément influencées par les dynamiques familiales et les événements de vie tout au long du cycle de vie. Motivée par la reconfiguration des parcours matrimoniaux et l'importance grandissante du patrimoine hérité dans nos sociétés vieillissantes, elle apporte de nouveaux éclairages sur la manière dont les dynamiques familiales contribuent aux inégalités de patrimoine, de l’enfance jusqu’à la fin de vie. En faisant usage des données de l’enquête Patrimoine en France et des données administratives néerlandaises combinées à des méthodes quasi-expérimentales, cette thèse documente comment les trajectoires individuelles de patrimoine réagissent aux changements de taille de l'adelphie, de situation matrimoniale et de continuité dynastique. Le premier chapitre montre que les inégalités de patrimoine apparaissent tôt dans la vie, via des différences sur l'épargne financière directement détenue par les enfants mineurs en France. Un frère ou une soeur supplémentaire réduit le patrimoine de l’aîné, en cohérence avec le modèle de quantity--quality trade-off et avec des ressources davantage contraintes du ménage. Le deuxième chapitre examine l’impact genré de la dissolution d’une union sur le patrimoine individuel aux Pays-Bas. Il montre grâce à une méthode d'étude d’événements que la dissolution d’une union creuse les écarts genrés de patrimoine : les femmes subissent des pertes de patrimoine persistantes, tandis que le patrimoine des hommes augmente en moyenne. Ces trajectoires divergentes reflètent des inégalités dans la redistribution des actifs patrimoniaux et dans les capacités d’épargne, bien que la remise en couple et les donations entre vifs compensent partiellement les pertes subies pour certaines femmes. Le dernier chapitre étudie l'effet du décès d'un enfant sur le patrimoine des parents à un âge avancé. En combinant un modèle de transmission dynastique du patrimoine avec une stratégie de triple-différence, il montre la rupture de la continuité dynastique influence l'accumulation patrimoniale, avec un effet de substitution entre actifs illiquides et liquides.