Quand les journalistes font de l’éducation aux médias et à l’information (EMI). Enquête sur l’engagement individuel et collectif d’une profession dans une écologie de l'EMI en cours de formalisation

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Docteur : Mariana GREPINET

Directeur : Mme Nathalie SONNAC

Discipline : Sciences de l’information et de la communication

Date de la soutenance :

2026-10-07

Horaires :

10 heures 

Adresse :

Centre Sainte Barbe 4 rue Valette 75005 Paris - Salle Collinet

Jury :

  • Mme Nathalie SONNAC, Professeur des universités, Université Paris-Panthéon-Assas, Directrice de thèse
  • Mme Pauline ESCANDE-GAUQUIé, Professeur des universités, Celsa Sorbonne Université, Co-directrice de thèse
  • Mme Laurence CORROY, Professeur des universités, Université de Lorraine, Rapporteure
  • M. Pierre FASTREZ, Professeur, Université catholique de Louvain, Rapporteur
  • M. Arnaud MERCIER, Professeur des universités, Université Paris-Panthéon-Assas, Examinateur
  • M. Nicolas HUBé, Professeur des universités, Université de Lorraine, Examinateur
  • Mme Sophie JEHEL, Professeure des universités, Université Paris 8, Examinatrice

Dans un contexte de crise de confiance envers les médias et de fragilisation structurelle de leur profession, les journalistes sont de plus en plus nombreux à s’engager dans l’éducation aux médias et à l’information (EMI). Ce mouvement dessine une transformation profonde des contours du métier que cette thèse se donne pour objectif de comprendre. À partir de 57 entretiens semi-directifs et de 200 heures d’observations, elle analyse pourquoi et comment des journalistes – à titre individuel, via des associations ou au sein de leurs médias – font de l’EMI une composante de leur activité professionnelle. Ancrée dans la sociologie interactionniste des groupes professionnels et l’écologie des professions d’Andrew Abbott, la recherche montre que cet engagement fonctionne comme un espace de légitimation professionnelle. Les discours de justification articulent vocation démocratique, réponse à la défiance du public, et quête de sens. Cet engagement, entre idéal civique sincère et stratégie institutionnelle, peut glisser vers ce que la thèse nomme l’EMIwashing. En s’appuyant sur le concept de journalistic media education proposé par Maarit Jaakkola, la recherche élabore celui d’« éducation journalistique aux médias » et propose une typologie de ces actions. Elle cartographie une communauté fragmentée de journalistes praticiens de l’EMI et analyse la triple professionnalisation de cette écologie : la consolidation d’un marché de l’EMI aux financements opaques et inégalement répartis, la reconfiguration des relations interprofessionnelles, marquées par la coopération et la « coopétition », et la formalisation des compétences pédagogiques, de l’autoformation à la certification.