L'ouvrage d'Eloi KREBS, préfacé par Camille BROYELLE, paraît le 30 juin aux Éditions Panthéon-Assas
Les Éditions Panthéon-Assas publient ce mardi 30 juin la thèse d’Eloi Krebs, intitulée L’office du juge d’appel en contentieux administratif et dirigée par Camille Broyelle, professeur en droit public à l’Université Paris-Panthéon-Assas.
Soutenue en 2022, la thèse d’Eloi Krebs a reçu le prix de thèse de l’Université Paris-Panthéon-Assas.
Le sujet a été établi en concertation avec Camille Broyelle, ma directrice de thèse. Ayant un intérêt depuis la troisième année de licence pour l’étude du contentieux administratif et ayant suivi le M2 « Justice et droit du procès » de l’Université Paris-Panthéon-Assas, je souhaitais travailler sur un sujet qui, derrière les aspects techniques propres à la procédure contentieuse, pourrait être propice à une réflexion plus générale sur l’office du juge administratif.
S’agissant de l’appel en particulier, deux éléments ont orienté le choix sur ce sujet : d’une part, peu de travaux y avaient été consacrés jusqu’alors, du moins en contentieux administratif ; d’autre part, il y avait un véritable intérêt à étudier la manière dont certaines évolutions de l’office du juge administratif intervenues depuis la fin des années 1990 pouvaient avoir un effet sur la procédure d’appel, et ce que ces évolutions pouvaient révéler de l’office du juge d’appel.
Cette comparaison, souvent utilisée pour l’étude du contentieux administratif, est généralement assez féconde. Toutefois, deux raisons la justifiaient spécifiquement pour ce sujet.
D’abord, certaines notions bien connues de l’appel civil (effet dévolutif, évocation, appel incident ou provoqué) sont également présentes en contentieux administratif, sans toutefois recevoir exactement la même signification. Il était donc intéressant de rechercher les raisons et la portée de ces différences entre l’appel civil et l’appel administratif.
Ensuite, l’appel civil comme l’appel administratif avaient fait l’objet d’évolutions récentes au début de mes travaux de recherche (je pense par exemple au décret du 6 mai 2017 qui entend réorienter l’appel civil vers la critique du jugement, ou à la jurisprudence Société Eden de 2018), ce qui renforçait l’intérêt de cette analyse croisée.
Il renvoie d’abord, dans un terme technique, aux pouvoirs et aux devoirs du juge dans la conduite de l’instance : par exemple, relève de l’office du juge la possibilité d’ordonner une mesure d’instruction, ou l’obligation d’inviter le requérant à régulariser l’irrecevabilité de sa requête. Ensuite, dans une conception plus large, il renvoie à la fonction assignée au juge dans l’ordre juridique.
Dans ma thèse, j’ai choisi de ne pas m’en tenir à cette seule conception restrictive. Selon moi, certaines règles procédurales de l’appel, bien que ne portant pas sur l’office du juge au sens strict, renseignaient sur l’objet assigné à cette voie de recours particulière qu’est l’appel et donc portaient en elles une conception de l’office du juge d’appel au sens large.
Par exemple, l’obligation pour l’auteur de l’appel de formuler une critique du jugement dans sa requête d’appel et l’interdiction de se contenter d’une reproduction intégrale et exclusive de sa requête de première instance manifeste la spécificité de l’office du juge d’appel par rapport au juge de première instance : il ne réexamine pas le litige de la même manière.
La dualité de l’office du juge d’appel réside dans le fait que le juge d’appel est à la fois juge du litige – chargé de réexaminer le litige pour le trancher une nouvelle fois – et juge du jugement – chargé de vérifier le bien-fondé du jugement de première instance, mais aussi sa régularité.
Dans ma thèse, je démontre que cette dualité n’est pas un obstacle à la compréhension de l’office du juge d’appel mais qu’elle lui est en réalité inhérente : d’un côté, elle permet de distinguer l’office du juge d’appel de celui du juge de première instance, puisque le litige examiné une seconde fois en appel ne peut être la stricte copie de celui examiné en première instance ; de l’autre, elle permet de le distinguer de l’office du juge de cassation qui, s’il examine le bien-fondé et la régularité du jugement, n’a en principe pas le pouvoir de réexaminer le litige dans son ensemble.
« Une mine d’informations qui servira aussi bien les universitaires que les praticiens. »
Laurence Helmlinger, première conseillère auprès de la cour administrative d'appel de Paris
Cette thèse s’adresse avant tout à un public de juristes : les praticiens (avocats, magistrats) soucieux de mieux comprendre l’appel devant le juge administratif, mais aussi les universitaires qui y trouveront une nouvelle réflexion sur les évolutions affectant aujourd'hui l’office du juge administratif.
Soutenance de thèse : L'office du juge d'appel en contentieux administratif
Contact : epa@assas-universite.fr
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